08/06/2004

Les expatriés (10/12)

Voulait-il m’épater en m’invitant à ces dîners d’expatriés où l’on switchait d’une langue à l’autre, life is so easy here, en devisant des avantages extra-légaux réservés aux commissionnaires et aux parlementaires européens, supermarchés et meubles détaxés, pas d’impôts à payer (bon Dieu qu’est-ce que ces gens parlent d’argent) ?
 
Et ces filles, attachées  au Conseil de l’Europe, qui s’achètent une laisse pour chien Gucci (Prada aussi) c’est pas donné, même l’assistante du secrétaire de la DG 10, elle avait un sac à langer Vuitton. C’était un fait : Jan avait des fréquentations européennes.
 
Un soir, dans un restaurant clandestin du quartier européen, mon voisin de table hollandais entama l’éloge d’un livre de Brett Easton Ellis, celui où il cite toutes ces marques de fringues. Prada, Gucci, Dior, Armani… Peuh ! Que c’était ennuyeux. Pour une fois qu’on causait littérature… Mojito, caipirihna, mojito, caipirihna… et soudain je ne voyais plus très clair, tandis qu’on m’emmenait dans un cocktail bar, fumer des havanes et se décoincer sur des mélodies d’easy listening.
 
Calée entre deux Espagnols de la DG 5, je finis par m’endormir sur l’épaule du plus petit des eux. Jan trouva que j’exagérais.

16:47 Écrit par L'auteur | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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