08/06/2004

Les yeux bleus (2/12)


Il avait les yeux bleus, la peau pâle, le corps élancé, très grand, très maigre, trop maigre, selon sa mère, et quand il parlait de quelque chose avec intérêt, le dos se courbait, la nuque se ployait vers l’interlocuteur, souvent plus petit que lui, comme s’il voulait lui chuchoter à l’oreille ses pensées les plus intimes, s’approcher au plus près de l’autre sans le frôler cependant.
 
 
De même, la cigarette au bout de ses doigts suivait le mouvement du corps recourbé. J’avais remarqué que la main de Jan devenait molle lorsque son cerveau commençait à carburer et le verbe de se lâcher, tant et si bien qu’il développait une sorte de méta-langage, un discours dans lequel lui seul semblait ne pas patauger. Une fois lancé, quand il tenait une idée, Jan la développait jusqu’à plus soif.
 
Je faisais partie des personnes emportées dans la spirale de ses paroles, alors que d’autres, rapidement déboussolées, ne le suivaient plus. Pour le reste, il aimait Neil Young, Pessoa, le Glenfiddich et moi.
 

 

16:57 Écrit par L'auteur | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Pessoa hein... tiens tiens :)

Écrit par : Somebaudy | 01/09/2004

Hum hum! Mon livre de chevet. Obsession, non?

Écrit par : Hercule | 06/09/2004

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